Ce qu’il faut retenir avant de lire la suite
- Le marché des machines outils d’occasion permet d’économiser 40 à 70 % par rapport au neuf, sans compromis sur la productivité si l’achat est bien mené.
- Les intentions d’achat varient : certains cherchent à compléter un parc existant, d’autres à s’équiper pour la première fois ou à remplacer d’urgence une machine en panne.
- Les points de contrôle critiques, heures machine, hydraulique, conformité CE, historique d’entretien , sont non négociables.
- Le choix du vendeur est aussi décisif que le choix de la machine : un négociant sérieux joue la transparence totale sur l’état réel du matériel.
- Ce guide couvre tout : définition, types de machines, critères d’achat, marques, prix, financement, conformité réglementaire et pièges à éviter.
Qu’est-ce qu’une machine outil d’occasion et pourquoi ce marché explose en 2026 ?
Une machine outil d’occasion, c’est tout équipement industriel ou de chantier ayant déjà servi, remis sur le marché par son propriétaire initial — entreprise en liquidation, renouvellement de parc, reconversion d’activité ou simple arbitrage financier.
Ce marché a considérablement mûri ces dernières années. Longtemps perçu comme le recours des structures en difficulté, il est aujourd’hui pleinement assumé par des PME solides, des artisans aguerris et même des grands groupes qui y voient une stratégie d’optimisation du CAPEX. En 2026, plusieurs facteurs alimentent cette tendance de fond :
- La hausse persistante du coût du matériel neuf (+15 à +25 % sur cinq ans selon les segments)
- Les délais d’approvisionnement encore tendus chez certains constructeurs
- La montée en puissance des réglementations environnementales qui valorisent le réemploi
- Une offre d’occasion de plus en plus professionnalisée, avec des vendeurs spécialisés qui garantissent traçabilité et contrôle technique
À qui s’adresse l’achat de machines outils d’occasion ?
Avant d’entrer dans le détail technique, posons le bon cadre. Le marché de l’occasion ne s’adresse pas à un profil unique. Derrière la même requête Google, on trouve des réalités très différentes :
L’artisan qui monte en gamme. Il travaille depuis quelques années avec du matériel d’entrée de gamme et veut accéder à des machines de qualité professionnelle sans exploser son budget. L’occasion lui ouvre des portes vers des marques ,Weinig, SCM, Atlas Copco, Ficep, qu’il ne pourrait pas se payer en neuf.
Le chef d’entreprise BTP qui renouvelle son parc. Il connaît déjà l’occasion, il a ses repères. Ce qu’il cherche, c’est de la fiabilité documentée, un vendeur sérieux, et une disponibilité immédiate. Chaque semaine sans machine opérationnelle, c’est du chiffre d’affaires qui file.
La PME industrielle qui cherche une machine spécifique. Centre d’usinage, fraiseuse CNC, presse plieuse avec un outillage particulier : elle sait exactement ce qu’elle veut. Elle scrute les parcs de plusieurs négociants avant de se décider.
L’entreprise en création ou en diversification. Budget limité, besoin de se lancer sans s’endetter lourdement. L’occasion lui permet de démarrer une activité avec un parc opérationnel tout en gardant de la trésorerie pour fonctionner.
Ces quatre profils n’ont pas les mêmes critères d’achat. Ce guide les couvre tous.
Quels types de machines outils trouve-t-on sur le marché de l’occasion ?
Le catalogue de l’occasion dans les métiers du bâtiment et de l’industrie est vaste. Voici les grandes familles, avec leurs caractéristiques et leur niveau de disponibilité sur le marché secondaire.
Machines de coupe et de façonnage métallique
| Type de machine | Usage principal | Fourchette de prix occasion |
|---|---|---|
| Cisaille guillotine | Découpe de tôle | 3 000 – 15 000 € |
| Presse plieuse (poinçonneuse) | Pliage de profilés acier | 5 000 – 30 000 € |
| Scie à ruban métal | Débit de barres et profilés | 1 500 – 8 000 € |
| Cintreuse à rouleaux | Cintrage de tubes et plats | 2 000 – 12 000 € |
| Plasma/laser de découpe | Découpe précision | 8 000 – 60 000 € |
Ces machines constituent le cœur de l’atelier pour les entreprises de serrurerie, charpente métallique et métallerie. Sur ce segment, les marques Mubea, Peddinghaus, Ficep et Durma sont très représentées en occasion avec un réseau de pièces actif.
Machines-outils d’atelier (tournage, fraisage, rectification)
Le tour parallèle, la fraiseuse universelle et la rectifieuse plane sont les trois piliers de l’atelier de mécanique générale. En occasion, ces machines conventionnelles restent très demandées car elles sont fiables, simples à entretenir et leur durée de vie peut dépasser 30 ans si elles ont été correctement utilisées.
Les centres d’usinage CNC représentent une autre catégorie, plus technique. Ils permettent d’automatiser des opérations complexes de fraisage ou de tournage en 3, 4 ou 5 axes. Si vous étudiez l’intérêt d’un centre d’usinage sur le marché de l’occasion, sachez que ce type d’équipement demande une vérification approfondie de l’électronique de commande (contrôleurs Fanuc, Siemens, Heidenhain) en plus des éléments mécaniques classiques.
Machines à bois et menuiserie
Scies à format, toupies, dégauchisseuses, raboteuses, tenonneuses : le marché de l’occasion en menuiserie est très actif, porté par les nombreuses reconversions et mises en retraite de chefs d’entreprise artisanale. Des marques comme SCM, Weinig, Homag, Martin ou Casadei y sont régulièrement disponibles à des prix très inférieurs au neuf.
Un point d’attention particulier : les machines à bois génèrent des poussières fines. Vérifiez systématiquement l’état des systèmes d’aspiration et leur compatibilité avec les normes actuelles (directive ATEX si pertinent).
Compresseurs industriels
Le compresseur est la colonne vertébrale de nombreux ateliers bâtiment. En occasion, on distingue deux grandes familles :
- Les compresseurs à pistons : robustes, simples à entretenir, adaptés aux usages intermittents. Abondants sur le marché de l’occasion à partir de 500 €.
- Les compresseurs à vis : conçus pour fonctionner en continu, plus silencieux, plus économes en énergie. En occasion, les marques Atlas Copco, Kaeser, Boge ou Alup offrent d’excellents rapports qualité/prix à partir de 2 500 €.
Matériel de levage et de manutention
Chariots élévateurs compacts, chariots télescopiques, palans électriques, ponts roulants : ce segment est particulièrement actif en occasion. La réglementation impose des vérifications générales périodiques (VGP) tous les 6 ou 12 mois selon les équipements — ce qui génère un marché secondaire structuré avec des historiques de contrôle traçables.
Occasion vs neuf : le vrai arbitrage financier
C’est souvent la première question qui se pose. La réponse mérite d’être chiffrée, pas seulement intuitive.
L’économie à l’achat
Selon le type de machine et son état, l’achat d’occasion génère une économie comprise entre 40 et 70 % par rapport au prix catalogue neuf. Sur une presse plieuse à 45 000 € neuve, cela représente entre 18 000 et 27 000 € d’économie directe.
L’amortissement accéléré
Un équipement d’occasion moins cher s’amortit plus vite. Pour une entreprise soumise à l’IS, un amortissement accéléré réduit la base imposable plus rapidement — un avantage fiscal concret à intégrer dans le calcul.
Les coûts cachés à anticiper
L’occasion n’est pas sans frais supplémentaires potentiels. Avant de valider un prix, intégrez dans votre calcul :
- La remise en état éventuelle : remplacement de pièces d’usure, nettoyage industriel, réglages
- La mise en conformité CE si la machine a été fabriquée avant 1995 ou importée hors UE
- Le transport et l’installation : selon la taille de la machine, cela peut représenter 1 000 à 5 000 €
- La formation des opérateurs sur une machine différente de l’équipement précédent
Le tableau de synthèse
| Critère | Neuf | Occasion qualifiée |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | 100 % | 30 à 60 % |
| Disponibilité | 4 à 16 semaines | Immédiate |
| Garantie | 12 à 24 mois | 0 à 6 mois selon vendeur |
| Traçabilité | Complète | Variable selon source |
| Amortissement | 5 à 7 ans | 2 à 4 ans |
| Risque résiduel | Très faible | Maîtrisable si bien acheté |
Conclusion claire : sur un horizon de 3 à 5 ans, une machine d’occasion achetée auprès d’un vendeur sérieux, avec historique complet et vérification technique, offre un ROI supérieur au neuf dans la majorité des cas. Le risque se concentre à l’achat , d’où l’importance des critères de sélection.
Les 9 critères de sélection d’une machine outil d’occasion
C’est ici que se jouent les bonnes et les mauvaises affaires. Un vendeur professionnel ne vous cachera aucun de ces éléments. S’il le fait, partez.
1. Le compteur d’heures : un indicateur de contexte, pas de vérité absolue
Les heures machine donnent une idée de l’usure quantitative. Mais 3 000 heures en production continue d’une PME bien organisée valent mieux que 800 heures d’une machine sous-utilisée puis négligée. Le compteur est un point de départ, pas une conclusion. Croisez-le toujours avec l’historique d’entretien.
2. L’état du circuit hydraulique
Sur les presses, les cisailles, les machines de levage et les compacteurs, l’hydraulique est le premier poste de défaillance — et souvent le plus coûteux à réparer. Vérifiez :
- L’absence de fuites sur les flexibles et les joints
- La couleur et la consistance de l’huile (une huile noire ou laiteuse signale un problème)
- La réactivité et la régularité de chaque vérin en fonctionnement
- La pression de service mesurée au manomètre si possible
3. L’historique d’entretien documenté
Carnet de maintenance, factures de révision, bons de remplacement des pièces d’usure : un historique traçable est la preuve que la machine a été gérée sérieusement. Il vous permet aussi de planifier les prochaines interventions sans mauvaise surprise.
4. La conformité CE et la sécurité machine
Toute machine mise en service dans une entreprise doit respecter la directive Machines 2006/42/CE. Pour les équipements fabriqués avant 1995, une mise en conformité peut être nécessaire. Ce coût doit être intégré dans votre calcul d’achat. Ne faites pas l’impasse : en cas d’accident, la responsabilité civile et pénale de l’employeur est directement engagée. La déclaration CE de conformité doit accompagner la machine.
5. L’état des organes de transmission
Courroies, chaînes, engrenages, roulements, broches : ces pièces d’usure conditionnent la précision et la fiabilité de la machine. Un bruit anormal au démarrage, une vibration en charge, un jeu perceptible dans la broche : autant de signaux qui appellent une inspection approfondie avant achat.
6. L’état de l’électronique et de la commande numérique
Pour les machines CNC (centres d’usinage, tours CNC, fraiseuses à commande numérique), l’électronique de commande mérite une attention particulière. Les contrôleurs Fanuc, Siemens ou Heidenhain sont fiables et pérennes — mais une carte électronique défectueuse peut coûter plusieurs milliers d’euros à remplacer, parfois plus que la machine elle-même si le modèle est obsolète.
Demandez systématiquement :
- La version du logiciel de commande
- La disponibilité des cartes de remplacement auprès du constructeur
- L’état du câblage interne (oxydation, usure des gaines)
7. La disponibilité des pièces détachées
Une machine qu’on ne peut plus entretenir faute de pièces est une machine morte. Avant d’acheter, vérifiez qu’un réseau de distribution de pièces existe en France ou en Europe pour la marque concernée. Les marques asiatiques ou d’Europe de l’Est présentes massivement sur le marché de l’occasion présentent souvent des délais d’approvisionnement de 4 à 12 semaines — un risque sérieux si votre activité en dépend.
8. Le transport, le déménagement et l’installation
Une machine qui pèse 3 tonnes ne se déplace pas avec une camionnette. Anticipez le coût du transport spécialisé, le déchargement, l’ancrage au sol et le raccordement électrique. Pour les machines trifasées en 400V ou les équipements nécessitant un réseau d’air comprimé, prévoyez les travaux d’alimentation avant la livraison.
9. L’essai ou la démonstration en fonctionnement
Un vendeur professionnel vous proposera systématiquement de faire tourner la machine. Si ce n’est pas possible, posez la question. Un refus est un signal d’alarme majeur. Idéalement, venez avec votre mécanicien ou un technicien de confiance pour effectuer une inspection contradictoire.
Les marques à privilégier sur le marché de l’occasion
La longévité d’une machine dépend autant de sa fabrication d’origine que de son entretien. Dans les métiers du bâtiment et de la fabrication industrielle, certaines marques ont construit une réputation sur plusieurs décennies de fiabilité terrain.
Métallurgie, charpente et serrurerie
Ficep, Mubea, Peddinghaus sont des références mondiales sur les machines de traitement des profilés acier. Leur réseau de pièces est actif en Europe, leurs manuels techniques disponibles, et leur robustesse est éprouvée sur 20 à 30 ans d’utilisation industrielle.
Durma, Amada, Trumpf pour les presses plieuses et les machines de découpe laser ou plasma. Amada et Trumpf disposent de réseaux de support technique en France, un avantage non négligeable pour la disponibilité des pièces et le SAV.
Menuiserie et bois
SCM, Weinig, Homag, Martin, Casadei dominent le marché des machines à bois professionnelles. Ces marques sont très représentées en occasion, portées par les transmissions d’entreprises artisanales et les mises à jour de lignes de production.
Compresseurs industriels
Atlas Copco, Kaeser, Boge, Alup, Ingersoll Rand : les compresseurs de ces marques tiennent très bien la route sur le marché de l’occasion. Leur réseau de maintenance est dense en France, les pièces accessibles, et leur durée de vie — bien entretenus — dépasse largement les 15 ans.
Levage et manutention
Manitou, Merlo, Dieci pour les chariots télescopiques. Toyota, Still, Linde, Crown pour les chariots élévateurs. Ces constructeurs maintiennent des réseaux après-vente actifs sur leurs équipements anciens, ce qui facilite l’entretien courant et les VGP obligatoires.
Où acheter des machines outils d’occasion : les bonnes et les mauvaises options
Le canal d’achat conditionne largement le niveau de risque. Tour d’horizon des options disponibles en 2026.
Les négociants spécialisés : la voie la plus sûre
Un négociant professionnel achète des machines, les inspecte, les remet en état si nécessaire, et les revend avec une fiche technique complète. Pour trouver un négociant de machine outil d’occasion, vous pouvez notamment vous appuyer sur des acteurs spécialisés comme KRAFFTER Machine Tools (https://www.krafftermachinetools.com/), qui exercent ce métier avec des standards d’inspection et de traçabilité élevés. C’est la voie la plus sécurisée pour un achat conséquent.
Les avantages : inspection préalable, fiche technique documentée, possibilité d’essai, interlocuteur technique disponible, parfois une garantie courte.
Les inconvénients : prix légèrement supérieur aux ventes directes entre particuliers — la différence est le coût de la sécurité.
Les ventes aux enchères industrielles
Les enchères de liquidation judiciaire ou de reprise de parc offrent des opportunités à prix très bas. Mais elles comportent un risque significatif : pas d’inspection possible, pas d’essai, pas de garantie, pas de recours. À réserver aux acheteurs expérimentés capables d’évaluer un risque technique précis sur la seule base d’une inspection visuelle rapide et d’un lot photos.
Les annonces entre particuliers (LeBonCoin, Machineseeker, etc.)
Le marché entre particuliers peut receler de bonnes affaires, mais il faut appliquer une rigueur d’inspection maximale. Absence d’historique documenté, vendeur sans obligation de garantie des vices cachés en pratique, état souvent inconnu : chaque achat entre particuliers doit être traité comme une prise de risque calibrée.
Les plateformes spécialisées internationales
Machineseeker, Surplex, Exapro, Bidspotter : ces plateformes agrègent des offres de vendeurs professionnels et de particuliers du monde entier. Elles permettent d’accéder à un catalogue très large, mais la vérification physique d’une machine en Allemagne ou en Italie implique des frais de déplacement à anticiper.
Financement d’une machine outil d’occasion : les options disponibles
L’achat d’occasion n’est pas réservé à ceux qui paient comptant. Plusieurs mécanismes de financement s’appliquent au matériel d’occasion.
Le crédit-bail (leasing)
Certains établissements financiers proposent des solutions de crédit-bail sur du matériel d’occasion, à condition que la machine soit en bon état identifiable et que sa valeur résiduelle soit justifiable. C’est une option intéressante pour préserver la trésorerie, notamment pour les machines entre 5 000 et 50 000 €.
La location financière (LOA)
Similaire au crédit-bail, la location avec option d’achat permet d’utiliser la machine immédiatement en étalant le coût sur 24 à 60 mois. À l’issue du contrat, l’option d’achat est généralement fixée à 1 % de la valeur initiale.
Le prêt bancaire classique
Pour les montants importants (centres d’usinage, lignes de production), le prêt professionnel reste la solution la plus répandue. Les banques professionnelles — notamment celles spécialisées en financement d’équipements industriels — pratiquent ce type de financement sur du matériel d’occasion depuis longtemps.
Les aides régionales et nationales
Selon votre région et votre secteur d’activité, des dispositifs d’aide à l’investissement peuvent s’appliquer à l’achat de matériel d’occasion. Les CCI régionales et Bpifrance (via ses antennes régionales) sont les premiers interlocuteurs pour identifier les dispositifs disponibles dans votre territoire.
La déductibilité fiscale
Comme pour le neuf, l’achat d’une machine outil d’occasion dans le cadre professionnel est déductible du résultat imposable et peut faire l’objet d’un amortissement — linéaire ou dégressif selon la nature de l’équipement. Rapprochez-vous de votre expert-comptable pour optimiser le traitement fiscal de l’investissement.
Conformité réglementaire : ce que vous devez savoir avant de mettre une machine en service
C’est le point que trop d’acheteurs négligent. Et c’est celui qui peut coûter le plus cher.
La directive Machines 2006/42/CE
Toute machine mise en service dans une entreprise doit être conforme à cette directive. Elle impose que la machine soit accompagnée de :
- Sa déclaration CE de conformité (ou déclaration d’incorporation pour les machines partielles)
- Sa notice d’instructions en français
- Le marquage CE apposé sur la machine
Pour les machines fabriquées avant 1995 (antérieures à la directive), une évaluation de conformité par un organisme habilité peut être nécessaire si vous envisagez des modifications ou si la machine est soumise à des contrôles réglementaires.
Les vérifications générales périodiques (VGP)
Les équipements de levage (chariots élévateurs, ponts roulants, palans, nacelles) sont soumis à des VGP obligatoires, généralement tous les 6 ou 12 mois selon la catégorie. Avant d’acheter un tel équipement en occasion, exigez les rapports de VGP récents. Leur absence ne vous empêche pas d’acheter — mais vous devrez faire réaliser une VGP avant la première mise en service.
La responsabilité de l’employeur
En cas d’accident impliquant une machine non conforme, la responsabilité civile et pénale de l’employeur est directement engagée, indépendamment du fait que la machine ait été achetée d’occasion ou neuve. Les inspecteurs du travail et les contrôleurs CARSAT vérifient la conformité des équipements lors de leurs visites. Ce n’est pas un risque théorique.
Les erreurs les plus fréquentes à l’achat d’une machine outil d’occasion
L’expérience du terrain révèle des patterns d’erreurs récurrents. Les voici, pour vous permettre de les éviter.
Acheter sur photo sans inspection physique. Les photos peuvent montrer une machine propre et bien éclairée. Elles ne montrent pas les fuites cachées, les roulements usés ou les carters fissurés. L’inspection physique est non négociable.
Négliger le coût du transport et de l’installation. Une machine à 8 000 € peut nécessiter 2 500 € supplémentaires de transport spécialisé, 800 € de raccordement électrique et 600 € d’ancrage au sol. Le vrai coût d’acquisition, c’est la machine plus ses frais d’installation.
Acheter une machine dont les pièces sont introuvables. Avant toute chose, vérifiez que le constructeur ou son réseau distribue encore des pièces détachées pour le modèle visé. Pour les machines d’origine asiatique produites en séries limitées, c’est souvent le point de fragilité majeur.
Ignorer la conformité CE par souci d’économie. Une mise en conformité coûte entre 1 000 et 10 000 € selon la complexité de la machine. C’est un investissement, pas une dépense optionnelle. L’ignorer, c’est jouer à la roulette avec sa responsabilité pénale.
Acheter une machine surdimensionnée par rapport à l’usage réel. Une machine CNC à 5 axes pour faire du fraisage simple en 3 axes, c’est du capital immobilisé inutilement, des coûts d’entretien disproportionnés et une complexité opérationnelle non justifiée. Dimensionnez votre achat à votre usage réel, pas à vos aspirations.
Se précipiter sous la pression d’une opportunité. « Elle part vite à ce prix. » C’est parfois vrai. C’est aussi un levier de vente classique. Une machine qui part vite parce qu’elle est exceptionnelle ne disparaîtra pas en 24 heures si vous prenez 48h pour faire vérifier correctement. Un vendeur professionnel comprend cette démarche et la respecte.
Comment négocier le prix d’une machine outil d’occasion ?
La négociation sur ce marché obéit à des règles précises. Voici les leviers à activer.
L’inspection technique comme outil de négociation. Chaque défaut constaté lors de la visite — pièce à remplacer, réglage à effectuer, document manquant — est un élément de négociation légitime. Chiffrez le coût des travaux nécessaires et demandez une déduction correspondante sur le prix.
Le paiement au comptant ou rapide. Pour un vendeur professionnel qui gère un stock de machines, encaisser rapidement a une valeur. Un règlement comptant ou sous 8 jours peut obtenir une remise de 3 à 8 % sur certains équipements.
L’achat groupé. Si vous avez besoin de plusieurs machines ou si vous êtes groupement d’achat, utilisez ce levier. Les négociants spécialisés apprécient les clients réguliers et accordent des conditions préférentielles aux acheteurs qui reviennent.
La période de l’année. Les fins d’exercice comptable (novembre-décembre pour la plupart des entreprises) voient les vendeurs professionnels plus enclins à consentir des remises pour alléger leur stock valorisé au bilan. Une information utile à garder en tête.
Inspection d’une machine outil d’occasion : la checklist terrain
Imprimez-la, emportez-la lors de votre visite.
Identité de la machine
- Plaque constructeur lisible avec numéro de série
- Année de fabrication identifiée
- Marquage CE présent (si applicable)
- Déclaration CE de conformité disponible
Mécanique
- Relevé du compteur d’heures
- Vérification du jeu dans les axes et les guides
- État des roulements (bruits, vibrations)
- État des courroies, chaînes et engrenages visibles
- Contrôle de l’état des pièces d’usure (outils, mordaches, lames)
Hydraulique / Pneumatique
- Absence de fuite sur flexibles et joints
- Couleur de l’huile hydraulique (transparente à légèrement dorée = bon signe)
- Pression de service vérifiée
- Fonctionnement de chaque circuit en charge
Électrique et commande
- Armoire électrique propre, sans brûlures ni oxydation
- Fonctionnement de tous les arrêts d’urgence
- Test de chaque fonction depuis l’IHM
- Pour les CNC : version du logiciel, disponibilité des sauvegardes programme
Documentation
- Manuel d’utilisation disponible (en français de préférence)
- Carnet d’entretien ou historique de maintenance
- Rapports de VGP si équipement de levage
- Factures des dernières interventions
Essai en fonctionnement
- Démarrage à froid observé
- Fonctionnement en charge sur un cycle complet
- Arrêt propre et fonctionnement des sécurités
Questions fréquentes sur les machines outils d’occasion
Peut-on revendre facilement une machine outil d’occasion si on n’en a plus besoin ?
Oui, le marché secondaire est actif et la revente est généralement possible, notamment via des négociants spécialisés qui rachètent les parcs. La valeur de revente dépend de la marque, de l’état et de l’obsolescence technologique de la machine. Les marques connues avec pièces disponibles conservent mieux leur valeur.
Quelle garantie est-on en droit d’attendre d’un vendeur professionnel ?
Un négociant professionnel a une obligation légale de garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil), indépendamment de toute garantie commerciale. Sur le plan commercial, les garanties offertes varient entre 1 et 6 mois selon le vendeur. Lisez attentivement les conditions avant de signer.
Peut-on acheter une machine outil d’occasion à l’étranger ?
Oui, mais avec des précautions supplémentaires. Vérifiez la conformité CE et la disponibilité de la documentation en français. Intégrez les frais de douane si la machine vient hors UE, les frais de transport international, et la possibilité d’une inspection sur place avant expédition.
Quelle est la différence entre une machine révisée et une machine d’occasion standard ?
Une machine révisée a fait l’objet d’une remise en état partielle ou complète par le vendeur : remplacement des pièces d’usure, nettoyage industriel, réglages, parfois une nouvelle peinture. Elle coûte un peu plus cher mais offre un niveau de fiabilité plus proche d’un neuf. Une machine d’occasion standard est revendue dans l’état où elle a été achetée, sans travaux.
Combien de temps peut durer une machine outil d’occasion bien entretenue ?
Les machines de qualité , constructions mécaniques robustes, marques reconnues , peuvent facilement durer 20 à 40 ans si elles sont correctement entretenues. C’est une des raisons pour lesquelles le marché de l’occasion sur les machines conventionnelles reste aussi actif : certains équipements fabriqués dans les années 1980-1990 sont encore pleinement opérationnels aujourd’hui.






0 commentaires